Le deuil périnatal

Le deuil périnatal est singulier, les parents sont confrontés à la mort de leur enfant au moment où ils pensaient accueillir la vie. Ce n’est pas un deuil du passé avec des souvenirs mais celui de l’avenir, de projets familiaux. Faire le deuil d’un bébé qui n’aura vécu que dans le ventre de sa maman est difficile à assimiler. Sur quels souvenirs se baser pour reconstruire sa vie ? Comment donner un sens à cette réalité du décès ? Comment continuer à vivre et non survivre à la mort de son bébé ?

L’identité des parents est remis en cause, une partie d’eux-mêmes n’existe plus. Des émotions intenses (colère, culpabilité, détresse) essentielles au travail complexe de deuil périntal se confrontent.

La mère est atteinte dans son corps, son ventre devient le premier tombeau de son bébé, elle accouche de son enfant et tout son corps (montée de lait, saignements) lui rappelle son rôle maternel. Mais l'absence de son bébé marque à l'encre indélébile le non-aboutissement de la maternité. La santé physique peut également être affectée par des douleurs musculaires (affaiblissement des muscles, contracture musculaire), des troubles digestives (nausées, perte d'appétit) et des problèmes neurologiques (insomnie, perte de mémoire et de concentration). Au traumatisme physique s'ajoute le traumatisme psychique. La femme est touchée dans sa féminité et son incapacité à donner la vie. ​

L'impuissance est un sentiment qui domine chez le père. L'homme, de nature à être porté vers l'action, ne peut rien faire pour modifier le cours des choses, il se sent impuissant devant la naissance sans vie de son enfant. Sous la pression sociale et culturelle, l'homme ne montre pas son chagrin, il tente d'accompagner au mieux sa conjointe en se chargeant des tâches quotidiennes, des enfants ou des relations avec la famille, les amis.

 Le chemin vers la reconstruction peut être long et complexe. Les risques de dépression des parents ou de séparation du couple fragilisé sont bien réels.

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