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La parenthèse

Mon mari et moi lui avons choisi un prénom. Avons-nous eu le choix? Ce prénom m'a été soufflé dans un rêve, ce rêve traqiquement prémonitoire de mon bébé mourant dans mes bras. Pour une fille, je pensais à un prénom court comme Maddy, Léa, juste des idées comme ça, persuadée que j'avais le temps de trouver celui fait pour mon bébé. C'est une évidence Angelina est le prénom idéal pour ma fille, inévitablement elle va devenir un ange, une jolie étoile. 

En attendant, je continue à profiter de ma jolie Angelina, je me prépare tous les plats que j'adore, j'écoute les musiques qui me font danser, je regarde des films qui me font rire, je lis des histoires à ses soeurs pour qu'elle aussi s'endorme au son de ma voix, je me ballade au bord de la mer pour écouter le bruit des vagues, je fais les marchés pour les bonnes odeurs, bref, tant qu'elle vit, je vis et je vibre pour elle.

Impossible pour l'instant de la laisser mourir, partir, devenir un ange. Angelina vit en moi, je la sens plusieurs fois par jour, je lui parle, la caresse, la taquine, lui offre tout l'amour et l'attention que j'ai pour elle. J'ai encore besoin de temps avant de lui dire adieu, mon mari qui souhaitait l'img dès la confirmation de la trisomie par l'amniocentèse, me laisse le temps nécessaire pour me préparer, m'organiser, au moins je ne pleure plus - pour l'instant. 

Je me suis accordée une longue parenthèse nécessaire pour profiter de ma princesse et créer un lien fort avec elle. Mon cheminement s'est fait progressivement grâce aux différents témoignages des paranges via les forums. Au bout de cinq semaines de réflexion, l'interruption médicale de grossesse apparaît comme la 'meilleure' solution. C'est notre choix de parents, celui de décider en notre âme et conscience de laisser notre enfant partir vers les étoiles pour lui éviter trop de souffrances physiques, celui de protéger nos autres enfants des allers retours au service néonat de Nice et du traumatisme de voir les malformations sévères de leur petite soeur, celui d'accepter notre incapacité à accompagner notre fille dans sa courte vie et à la voir rendre son dernier souffle dans nos bras, celui de garder notre place de parents, de couple, la place de nos enfants dans notre famille, celui de ne pas nous perdre nous-mêmes en plus de la perte de notre bébé.

Il n'y a pas de bonne décision, pour moi ça a été comme choisir entre la peste et le cholera. Chaque parent fait ce choix selon ses convictions personnelles, aucun choix ne demande plus de courage qu'un autre, aucun choix n'acte plus l'amour pour son enfant qu'un autre, aucun choix n'a à être jugé, validé ou imposé par autrui.

Respectons simplement la décision de chaque parent.

Nous rencontrerons la gynécologue du CHU de Nice fin mars pour lancer les démarches.

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