Notre histoire

Je me présente, Johanna, mariée et maman de 3 adorables filles de 20 ans, 10 ans et 5 ans qui me comblent de bonheur. Nous formons une famille recomposée, unie par l’amour et la complicité, chacun son caractère bien trempé, la maison ne manque pas de vie.

A 40 ans, mon rêve d’agrandir la famille est en train de se réaliser, mon test de grossesse est un joli ++, mon bonheur est immense, parfait, trop parfait…

Je ne le sais pas encore mais ce monde parfait va s’ouvrir sous mes pieds, le ciel bleu azuréen va me tomber sur la tête pour laisser place aux ténèbres, où ne règnent que l’horreur et l'effroi.

Je ne le sais pas encore mais le bébé que je porte n’est pas un bébé comme les autres, il est atteint de trisomie 18 libre et homogène, un chromosome en trop sur la 18ème paire, qui cause des malformations létales incompatibles avec la vie. Mon bébé risque de mourir in utero comme 95% des fœtus atteints du syndrome d’Edwards, ou dans les autres cas, vivra quelques semaines, quelques mois dans d’atroces souffrances.

 Je ne le sais pas encore mais je vais devoir prendre la responsabilité de l’IMG, interruption médicale de grossesse légaliséee par la loi Veil en 1975, doux euphémisme pour une euthanasie fœtale puisque injection d'un produit 'foeticide' provoquant l'arrêt cardiaque du bébé après 22sa.

Je ne le sais pas encore mais je vais devoir accoucher par voie basse de mon tout petit bébé de 28sa dont le cœur aura déjà été arrêté quelques heures plus tôt par l'équipe médicale, seuls mes cris et mes pleurs résonneront dans la salle d'accouchement ce jeudi 4 avril 2019 à 00h13.

Je ne le sais pas encore mais je ne suis pas une maman ordinaire, je vais devenir une mamange, un mot valise qui combine les mots maman et ange. Je vais passer d'un forum de grossesse où les inquiétudes des futures mamans tournent autour du sexe de leur bébé, du choix du prénom,  à une communauté de paranges (parents-ange) qui se soutiennent face au traumatisme du décès de leur bébé. 

 

 

Comment surmonter ce drame si violent ?  Comment assumer cette lourde responsabilité de donner la mort à son enfant ? Comment laisser partir son enfant sans pouvoir lui donner la vie ? Comment accepter l’inacceptable?


A ma fille Angelina, mon amour éternel.

Deuil périnatal

 

A travers ce blog, je vous livre mon témoignage sur le deuil périnatal. 

Il concerne le décès d'un enfant en cours de gestation, pendant l'accouchement ou dans les semaines qui suivent la naissance, et touche 7000 familles par an en France, soit 1% des grossesses.

Ce deuil est particulier, les parents n'ont pas ou peu connu leur enfant, n'ont pas de souvenirs auxquels se rattacher. Ils ne font pas le deuil d'un passé avec un être cher, ils entament le travail complexe du deuil d'un avenir familial brutalement (en)volé.  Incompris des autres, les parents vivent le traumatisme de la mort de leur enfant à naître dans une indicible douleur,  une souffrance pudique, un chagrin silencieux.

Aussi je souhaite que la mort qui touche tous ces bébés ne soit pas passée sous silence, que chaque parent puisse parler et faire exister son enfant tant aimé et désiré. Même si ce petit être n’aura vécu que dans le ventre de sa maman, il aura existé.